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samedi 4 février 2017

Ecoute toi quand t'écris !!

Ecoute toi quand t'écris !!

Sous ce titre un peu débile, voire carrément racoleur, se cache une de mes vérités personnelles : quand je n'avance pas en écriture, c'est parce que ce que j'écris ne me plait pas. Et si ça ne me plait pas, comme je suis ma première et plus sévère lectrice, c'est parce que c'est mau-vais. Ouais. Encore faut-il que je m'en rende compte et l'accepte.

J'ai beau me dire et me répéter qu'écrire devrait être un boulot comme les autres, avec des objectifs qualitatifs et quantitatifs, de délais, etc... il n'empêche qu'il y a un moteur qui me pousse bien mieux que les autres : l'inspiration. D'aucuns lui donnent le nom de Muse, Fée, Sorcière, Licorne, voire des qualificatifs moins vendeurs, comme Pauvre-Tarée, Oh-non-Pas-Encore-Changer-De-Projet, ou même Espèce-De-Gros-Lunatique (oui, pas de raison que ce ne soit que des noms de filles, hein) bref, l'inspiration nous souffle les mots dans l'oreille. C'est super quand ça marche.

Hier soir, après une pause le temps d'écrire une nouvelle (si elle est retenue, je vous le dirai!), je me suis remise sur Tome 2 (sous le regard attendri de Roman, qui surveille la croissance de son petit frère, la larme au paragraphe) et j'ai commencé une nouvelle scène. Je suis partie à fond les ballons, j'allais la liquider aussi bien que les deux ou trois scènes précédentes. Tant que je gagne, je joue.

Mais là, bof.
C'est mou, on n'a même pas peur (or je me suis juré de tenir les lecteurs en haleine du début à la fin), j'oublie des trucs en route, rhaaaaaaa ! Catastrophe, Zapotache !!!

Je me suis couchée hier soir, après avoir pondu quelques ksecs poussifs, qui m'ont regardée d'un air pas convaincu quand j'ai éteint mon PC. Roman secouait la tête d'un air désolé en éteignant la lumière et en me soufflant à l'oreille « Dors, la nuit porte conseil, toussa ».

Du coup, c'est un grand classique, je me suis réveillée bien plus tôt que je l'aurais souhaité un samedi matin, et j'ai repensé à ma scène. Je me suis rendu compte que je ne l'avais pas du tout écrite comme je l'avais imaginée en film dans ma tête. Ou plus exactement, hier soir je n'avais pas encore pensé au film, aux images-choc, ce n'était pas encore organique, allé dans mes tripes, quoi.

Et ce matin, ça y est, je sais que j'ai oublié de semer quelques graines ici et là dans telle ou telle scène précédente, qui vont préparer cette scène-là, et les images s'enchainent... Plus qu'à retrouver le temps d'écrire ce week-end alors que des tas d'autres choses sont prévues. Voilà le drame de l'inspiration : on l'a souvent quand on ne l'attend pas ou qu'on ne peut pas écrire tout de suite. Mon inspiration est une authentique Enquiquineuse, pour rester polie.

Au lieu de m'acharner à pondre du ksec hier soir, coute que coute, pour tenir mon quota d'écriture, j'aurais mieux fait de mettre une musique inspirante (tiens Iron Man 3, BO du film composée par Ramin Djawadi, c'est pile l'ambiance sombre et violente qui conviendrait), de m'allonger par terre (j'aime bien) et de laisser pousser la scène dans ma tête. J'aurais dû m'écouter.

Bref, avoir le temps d'écrire, c'est bien, prendre le temps de réfléchir avant, en détail, sentir sa scène avant de lui donner vie, c'est mieux. C'est pour ça que le nanowrimo, les word wars, matchs d'écriture et compagnie, ce n'est pas pour moi.






10 commentaires:

  1. C'est très vrai ça. Il m'arrive assez souvent de bloquer sur une scène pendant 3 ou 4 jours. Et j'ai réalisé qu'il se passait toujours la même chose ou presque. Cette scène qui me bloque, c'est soit qu'elle est complètement inutile, soit qu'elle ne part pas du tout dans la bonne direction. La plupart du temps, ça fini à la corbeille, et il n'y a que ça qui permet de relancer mon Triton (ça, c'est le petit de ma Muse à moi, parce qu'elle se réveille toujours sous la douche). Bon courage !

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    1. Oh, c'est joli, le Triton ! En effet, la douche, c'est efficace. Pour moi, ce serait la marmotte, elle s'invite pendant la grasse matinée et me réveille...
      Merci pour ton passage !

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  2. Beau témoignage, en ce moment je me sens un peu comme toi. Je préfère être vraiment satisfait d'un chapitre que d'avancer à tout prix (alors qu'avant c'était exactement le contraire, je me disais "pas grave, tu repasseras dessus plus tard lors des corrections"). Tu as bien raison d'écouter ton coeur, d'autant plus que tu es une personne généreuse dans la vie. Normal que cela se reflète dans tes textes ;)

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    1. Rho, merci Amiral ! <3 J'essaie d'écrire "utile" aussi, éviter de sortir des floppées de texte qui soient destinées à la poubelle... Courage à toi aussi !

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  3. Tout à fait d'accord! Moi aussi, quand j'ai du mal à me mettre à une scène ou un projet, c'est qu'il y a un truc qui cloche et qu'il faut que je m'y prenne autrement. Et tout à fait d'accord aussi sur le fait que l'inspiration ne frappe pas toujours au moment le plus opportun et que c'est une plaie de garder l'idée en tête le temps de trouver le temps de la faire sortir :)

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    1. C'est ça, et je ne suis pas capable de garder un carnet sous mon lit comme font certain-e-s ami-e-s. Si j'écris quelque chose la nuit, je vais réveiller mon pauvre chéri, et en plus je ne me rendormirai pas (je me connais !). La dure vie d'auteur en premier jet...

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  4. Chouette témoignage, merci Dominique :)
    ça donne à réfléchir en tout cas. J'ai dû mal à me mettre à l'écriture en ce moment, même si j'ai du temps, il faudrait peut-être que j'essaye de comprendre pourquoi je n'arrive pas à m'y mettre... plutôt que de culpabiliser de ne pas avancer !

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    1. Oh bonjour Edel-Weiss ! Oui, on n'a pas à culpabiliser quand les ksecs ne s'alignent pas. Je pense que notre cerveau travaille en sous-main, dans notre dos (le traitre !) et qu'il va nous livrer une idée quand elle est prête. Il faut juste arriver à la susciter...

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