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lundi 15 mai 2017

Jérôme sous l'orage, de Sébastien Soubré-Lanabère

Cela fait trèèès longtemps que je n'ai pas parlé de mes lectures, alors voici la dernière en date :

Titre : Jérôme sous l'orage
Auteur : Sébastien Soubré-Lanabère
Nb de pages : 410
Genre : fantastique
Editeur : Malpertuis
4ème de couverture : 
Qui est Jérôme ?
Peut-être juste un adolescent timide, qui mène une vie tranquille entre ses copains de lycée et son amie Axelle.
Pourtant, il y a cette voix d’enfant dans sa tête, qui le questionne inlassablement au sujet des jours avant l’orage. Et sur sa mère malade.
Dans son monde qui n’est pas exactement le nôtre, chaque personnage possède quelque chose de particulier : un don, une façon d’être, une histoire. Jérôme aussi. Il le pressent. Mais quoi, précisément ? Peut-être ces flammes qu’il voit au-dessus des êtres et dont il ne parle jamais.
Jérôme se pose des questions. Sur la guerre, lointaine, au nord, qui fait rage. Sur son père, qui se bat.
Heureusement pour lui, dans la quête de la vérité, même lorsque les ténèbres sont proches, on peut toujours compter sur l’amitié. Sur l’amour, aussi.
Et sur les corbeaux.

Mon avis :
J'ai plongé dans ce roman sans le moindre problème. L'atmosphère étrange et hors du temps n'a en rien empêché cette immersion, et la plume légère et subtile de Sébastien Soubré-Lanabère en est une des raisons.
Et pourtant... bien des éléments de ce roman déstabilisent le lecteur : très peu d'indication de lieu ou d'époque, une guerre lointaine, des moyens de communication contemporains absents, et le narrateur qui peu à peu voit son univers personnel basculer ou même s'effacer. Le départ de son père pour la guerre, et l'absence de nouvelles, le départ de sa mère malade pour un hôpital où il ne peut pas lui rendre visite, l'exil forcé vers un internat perdu où ce sont les jeunes et non les adultes qui donnent les cours, etc.
Jérôme a perdu la mémoire depuis un orage survenu dans son enfance et il est porteur d'un don qui lui permet de voir des flammes au dessus des êtres vivants. La première partie du roman pose tous ces éléments dans un rythme lent sans être poussif. Je ne me suis jamais ennuyée malgré la succession des jours où l'histoire est tissée fil à fil, détail par détail. Peu à peu, les pièces du puzzle s'ajoutent, se mettent en place, au fur et à mesure de l'apparition puis de la disparition de personnages qui traversent la vie de Jérôme.
Les personnages sont décrits avec une grande finesse, et l'émotion est toujours présente, à fleur de peau, au travers de petites choses, des objets, des odeurs... Jérôme, Juliette, le grand-père, Paul, tous caractérisés avec précision, laissent leur empreinte dans la mémoire du lecteur. Mention spéciale pour la place importante de la nature dans le roman. Forêt, montagne, animaux, l'auteur met tout son art dans leur description très organique et leurs interactions avec le narrateur.
L'auteur cite Barjavel dans ses influences. Je ne suis pas surprise. Je pense aussi à Jean Raspail, avec son roman 7 cavaliers, dont l'atmosphère onirique et la perte de repères me semblent appartenir à la même veine de textes.Côté cinéma, pour l'atmosphère oscillant entre éléments familiers et bizarrerie, je pense aussi à l’Échine du diable de Guillermo del Toro, une histoire d'internat, là aussi.

Une excellente lecture, en conclusion, où l'on parle d'amour, de solitude, d'amitié, de destin aussi, le tout dans une atmosphère résolument fantastique et envoûtante.

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