Rechercher dans ce blog

mercredi 16 octobre 2013

Numérique Dominique


Ma nouvelle « En Adon, je puise mes forces » va sortir le 17 octobre aux éditions Walrus, dans sa collection Micro. J’en suis très heureuse car je lis des publications de Walrus depuis l’acquisition de ma liseuse, à Noël dernier, et je suis honorée de rejoindre le groupe des auteurs déjantés de cette excellente maison.

En fait, si j’ai acheté ma liseuse, c’est pour lire ce qui ne sort qu’en numérique car je reste une grosse consommatrice de papier. Pour reprendre la genèse de l’histoire, quand j’ai commencé à entendre parler de liseuses électroniques à la télé, je me suis demandé si on ne se fichait pas de nous, lecteurs. Quel intérêt de lire sur un bidule électronique ce qu’on déguste si bien sur des livres réels, hein, franchement ? Sauf qu’ensuite j’ai rejoins le collectif Cocyclics et qu’autour de moi quelques auteurs commençaient à publier des textes en numérique seulement. Comme il s’agissait d’œuvres et d’écrivains dont j’étais curieuse (le 60 minutes de Mathias Moucha, la série Toxic de Stéphane Desienne, Animae de Roxane Dambre, et autres ouvrages), j’ai fini par craquer et acquérir une liseuse, d’autant que pas mal de mes amis étaient équipés et me faisaient volontiers des démonstrations enthousiastes de leurs appareils. J’ai opté pour un modèle simple que je ne connecte pas en Wifi et je dois reconnaître que j’en suis ravie. Elle me permet de lire, en plus d’ouvrages purement numériques, des textes en cours d’écriture, voire des textes soumis au comité de lecture auquel j’appartiens, dans un confort parfait et en toute sécurité.

Et puis, le mouvement vers le dématérialisé s’accélère. Des éditeurs uniquement numériques gagnent le respect de leurs pairs grâce à la qualité de leur production. Les maisons traditionnelles réalisent qu’elles ne pourront pas tenir sans le numérique et ouvrent leur propre collection. Certains éditeurs disent même que le numérique les aide à tenir face aux difficultés économiques.

Et surtout, les auteurs s’y mettent. Ce que j’aime avant tout dans le numérique, ce sont les textes que je découvre. Bien souvent, on sort des sentiers battus, que ce soit dans les thèmes que dans les formats. Les formes courtes trouvent tout leur sens, les séries à l’ancienne, genre feuilleton, sont parfaites. On trouve des nouvelles vendues à l’unité, comme mon texte et beaucoup d’autres. Et les écrivains peuvent s’amuser à oser des histoires différentes, bien barrées, qui auraient peut-être eu du mal à trouver preneur en format papier. Je commence d’ailleurs à réfléchir à quelques pitchs décalés dans l’optique de publications strictement numériques. Vous me direz que pour l’instant la lecture en numérique est très minoritaire en France par rapport à la lecture papier. C’est vrai, mais si on regarde l’évolution de ce support dans d’autres pays, cette part ne cesse de grimper. Ce ne sera peut-être pas le seul avenir du livre, mais le numérique en fera de plus en plus partie, c’est certain. Autant attraper le train.

Mon fils vient d’entrer en sixième. Son cartable doit peser parfois quinze kilos alors que le bonhomme en fait un peu plus de trente. Le collège vient d’équiper la classe en tablettes qui vont remplacer les manuels en papier. Je suis enchantée. 500 g au lieu de plusieurs kilos sur le dos, il va trouver cela appréciable. C’est aussi ça, le numérique. Il apprendra dans des livres de la même manière. Ce qui importe, c’est la lecture, pas le support.

Deux objections : la transmission de sa bibliothèque et le piratage.

Pour la transmission, c’est vrai que cela me touche. Nous avons une grosse collection de bouquins et je me dis que cela fait partie du patrimoine que j’ai envie de léguer à mes enfants. Quelle sera la pérennité d’une bibliothèque numérique ? Nous risquons de nous trouver prisonniers de la technique et de l’évolution des standards.

En ce qui concerne le piratage, quelle parade trouver ? Comment arriver à protéger les œuvres dématérialisées sans gêner les lecteurs honnêtes qui achètent leurs livres, je ne sais pas. Walrus a publié sur son blog une très intéressante analyse sur ce sujet.

Enfin voilà. Ne jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau »… Le numérique, ce n’est pas le Mal !

Ce blog contient déjà plusieurs retours de lecture sur la série « Toxic » de Stéphane Desienne, publication numérique chez Walrus. Je viens de lire plusieurs nouvelles numériques vendues à l’unité chez différents éditeurs : retours à suivre dans ces pages, donc !

Et je suis en train de lire « Roll over Amundsen » de Jean-Claude Dunyach, publié par ses soins et promu dans le cadre de Adopteunauteur.

Je me fais une cure de numérique ! Mais je reviendrai au papier, vu la hauteur de ma PAL physique…et toutes les jolies dédicaces que je collectionne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vos commentaires :