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mercredi 29 juin 2016

Sur le point de...



Juste une réflexion rapide à propos de l’état d’esprit où je me trouve alors que je suis sur le point de commencer l’écriture du tome 2 de Colonie(s).

J’ai l’impression que mon fichier encore vide de la moindre ligne est comme un précipice. Comme si un pas de travers ferait sombrer mon histoire. Derrière moi, mes personnages laissés en plein cliffhanger protestent et me pressent de démarrer. Et moi, je ne sais pas où placer le premier pas. Ou plutôt si, je sais, mais je ne vois pas aussi loin que j’aimerais, de l’autre côté de l’histoire encore immatérielle.

J’ai oublié que le tome 1 m’a appris à voler. Pas très haut ni très vite, mais je sais faire, maintenant.

Dans une des scènes d’Indiana Jones et la Dernière Croisade, mon chouchou Indy doit effectuer le saut de la foi pour trouver le Graal et sauver son père. C’est exactement l’image qui convient pour mon sentiment actuel. (le petit carnet où il vérifie sa route, c’est mon synopsis, et Sean Connery qui agonise, ce sont Clara, Yul, Llo et les autres qui rouspètent... et en font un peu trop, 'faut pas exagérer non plus)

 (NB : hum, tous les prétextes sont bons pour poster une vidéo de lui...)

vendredi 24 juin 2016

Triste jour/ Sad day/ Trauriger Tag



En 1939, mon père a été mobilisé dans l’infanterie française. Il est rentré à la fin de la guerre. Il avait été fait prisonnier et détenu en Tchécoslovaquie où il avait travaillé comme un esclave sur une exploitation agricole. Il n’avait plus que la peau sur les os.
De son côté, ma mère a passé les années de guerre dans une relative tranquillité, dans un petit village de la campagne bourbonnaise. Adolescente, elle voyait arriver le dimanche les habitants de la ville voisine, durement touchés par le rationnement, qui tentaient de se procurer en douce quelques produits frais. Ma grand-mère leur vendait des denrées à un prix honnête, ce n’était pas le cas de tout le monde. Ma mère m’a raconté qu’il se disait des horreurs sur les exactions commises par des soldats de l’armée d’occupation vis-à-vis de jeunes gens qui n’avaient pas respecté le couvre-feu et l’interdiction de se rassembler.
Au retour de mon père, il est resté dans l’armée, a fait une première partie de carrière où il a vécu avec ma mère et bientôt mes frères en Allemagne, parmi les troupes d’occupation d’après-guerre. Et puis, la paix s’est installée avec l’Allemagne, un truc génial et improbable après 3 conflits majeurs et sanguinaires aux XIX et XXème siècles entre nos pays, non ? A cette époque, j’ai l’impression qu’on avait une véritable vision de l’Europe. Une idée lumineuse et optimiste.
Mes parents ont eu trois enfants. Nous avons tous étudié l’allemand et l’anglais. JAMAIS je n’ai entendu mes parents avoir des propos xénophobes vis-à-vis de nos voisins (un peu d’agacement quand l’avis outre Manche ou outre Rhin était en opposition avec leurs opinions, rien que de normal me direz-vous. Dans une même famille, on n’est pas toujours d’accord). C’était comme s’ils n’avaient pas souffert, pas eu peur, en tout cas, c’est l’impression qu’ils voulaient nous donner. Pas de haine, surtout. Et le message de bien travailler les langues étrangères, parce que c’était important d’être formés pour aider à construire une Europe unie.
Comme mes frères, peut-être plus qu’eux (qui étaient des billes en langues), j’ai été élevée dans l’idée de l’Europe. Je me sentais à 18 ans autant Européenne que Française. A l’aube de mes études, j’imaginais une Europe Fédérale, des États-Unis d’Europe (on était encore dans le rêve américain dans les années 80), un vaste territoire de jeu où travailler, vivre, voyager, échanger avec des gens de tous pays seraient facile. J’avais des correspondants dans le monde entier et l’impression que la jeunesse du monde partageait mes idéaux. J’étais consciente que des conflits existaient encore sur notre planète, mais je me disais que si nous Européens avions réussi à faire la paix, pourquoi les autres pays n’y arriveraient-ils pas ? Avec une volonté politique forte et des citoyens lassés de se taper dessus, ça devait être possible, non ?
Trente ans après, je suis toujours profondément, viscéralement Européenne. Malgré les dissensions, et à cause des nationalismes qui donnent du menton, cette idée de l’Europe que je ne veux pas appeler un idéal mais un objectif, ne me quitte pas.
N’oublions pas ces siècles de conflits, ces guerres épouvantables qui ont saigné nos peuples.
Les Britanniques ont voté, c’est leur droit souverain. C’est le mien d’être très triste aujourd’hui, à cause de mes parents et des idées qu’ils m’ont transmises.

Et comme je suis Européenne, je vous refais la même dans les langues que je maîtrise à peu près.

Ok, now, some english, hu ? Pardon me if it’s not perfect, I’m a never-ending learner.
In 1939, my father joined the French army. He was made prisoner and worked in Czechoslovakia as hard as a slave in a farm. When he came back, he only had the skin on bones.
On her side, my mother spent the war years in some kind of tranquility, in a little village in the center of occupied France. She was a teenager at that time, and on Sundays, people from the near city came to her village to get some fresh products that were not affordable or available due to rationing. My grand ’Ma sold the milk and butter at an honest price but everybody did not act the same. There were rumors and terrible stories about what the occupying soldiers had done to young people that did not respect the curfew.
When my future dad came back after the war, he stayed in the Army and started a carrier. My parents went to Germany with the occupying troups and my brothers were born there. Then peace was declared, a real one, something incredible if you think of the three major conflicts that happened in the XIX and XX century in Europe. I really think that, at that time, people had a vision for Europe, something shiny and optimistic.
My parents gave birth to three children. All of us learned English and German. My parents NEVER had any xenophobic words against our neighbors. Sometimes they did not share the opinion of our English or German cousins. No harm… in the same family you don’t always think the same. They acted like if there had been no suffering of fear during the war for them, or maybe they did not want to transmit this to us. Overall, no hate.  And they insisted on the message that it was very important to learn foreign languages, to be able to participate in the future united Europe’s building.
As my brothers (maybe more, because they were not that good in foreign languages), I’ve been raised in the idea that Europe was the solution. At the age of 18, I felt myself as I was so much European than French. Just before I started my studies, I was dreaming of a Federal Europe, some kind of United States of Europe (the American dream was still alive in the 80s), a vast playground were I would be free to work, travel, live, encounter people from many countries. I had penpals from all over the world, and the feeling that this youth was sharing the same ideals as I. I was conscious that conflicts existed outside Europe but I thought that, if we European had been able to make peace, others could do it, with a strong political will and the desire of populations to stop fighting each others.
Thirty years later, I’m still strongly European, deep in my guts. In spite of disputes, and the nationalist movements that try to reinforce themselves, this idea of Europe, more an objective than a dream, does not leave me.
Let’s not forget the centuries of conflicts, of those bloody wars that left our populations exhausted.
British people voted, it’s their absolute right and nobody discuss it. But it’s my right to feel sad today, because of my parents’ ideas that are mine now.

Also, aus Deutsch wird es schwieriger und ein biβchen kürzer… Entschuldigung für die Fehler…

In 1939, mein Vater zog in den Krieg, und wurde gefangen genommen. Er arbeitete in Tschecholovakei auf einem Hof, wie ein Sklave. Wenn er zurück war, war er ganz dünn.
Meine Mutter verbracht die Kriege Jahren in ihr kleines Dorf, in besetze Frankreich. Sie war eine Teenager und sie sah Leute von der NachbarStadt die am Sonntag um ein wenig Butter oder Milch zu kaufen kamen. Meine Groβmutter ehrlich verkaufte die Lebensmittel. Das gilte nicht für alle. Es gab schrekliche Geschichte daβ Soldaten grausamen Verfolgungen gegen Junge Leute verüben hatten, als Strafe für den Bruch der Ausgangsperre.
Wenn mein Vater zurück war, blieb er Militär und meine Brüder waren in Deutschland geboren. Und dann Frieden war eine Wirklichkeit, und zwar es war etwas toll, nach drei Kriegen im 19. und 20. Jahrhundert. Das war möglich weil damals es eine Vision von Europa gab. Eine leuchtende und Optimistische Vision.
Wir waren drei Kinder. Niemals habe ich meine Eltern gehört, die fremdenfeindliche Parolen gegen unsere europäische Nachbachvölke sagten. Vielleicht zustimmte sie nicht immer was die Englische oder die Deutsche machten, aber so is es in eine Familie, nicht wahr ?
Ich fühle mich beide als eine Europäerin und eine Französin seit meine junge Jahren. Ich habe getraümt daβ wir ein föderales Europa schaffen, wo wir arbeiten, reisen, leben, und andere Völke kennenlernen könnten. Als ich 18 Jahre alt war, wuβte ich daβ es Kriege in der Welt gab, aber Ich dachte daβ, als Europa Frieden schaffte, andere Länder könnte es auch machen.
Dreizig Jahren danach, bleibe ich eine starke Europäerin. Ich glaube daβ Aufbau Europas muβ nicht ein Traum aber ein Ziel sein.
Wir müssen nicht die blutige Kriege vergessen, die unsere Länder zerrissen haben.
Die Briten haben gewählt. Das Volk hast gestimmt und es war sein Recht. Aber ich fühle traurig heutzutage, weil ich mich an meine Eltern und ihre Ideen erinnere.

samedi 11 juin 2016

Imaginales 2016, l’effet WOW (partie 2)




Dans ce billet , je vous ai raconté mes premiers jours de salon à Épinal. Je vais donc enchainer avec la suite, c’est logique.

Jour 3 : Vendredi 27 mai, le jour du speed dating des éditeurs

J’ai eu ce jour-là un programme assez chaotique parce que, pendant les Imaginales, je m’arrête tous les cinq mètres pour dire bonjour à des têtes connues, (exemple, ici, toute l'équipe de Kitsunegari avec Perrine Rousselot en Serpentard, la traîtresse ! ^^)

faire le tour des nouveautés chez les éditeurs,  acheter et faire dédicacer des tas de bouquins. Oui, des tas. J’en offre aussi, hein. Bon. 

Je mentirais si je prétendais que j’ai abordé cette journée sans une petite pique d’excitation, un peu comme pour un examen. Comme pour tout examen, ma méthode consiste à me préparer à mort, pour faire face à n’importe quoi. Jusqu’à présent, ça m’a plutôt réussi.

Alors, ça consiste en quoi, le speed dating des éditeurs ? Il s’agit d’une super initiative du salon qui consiste à permettre la rencontre, en un lieu tenu secret (et donc tranquille, on ne risque pas d’être interrompu en pleine conversation) entre auteurs débutants et éditeurs. J’ai participé à la 8ème édition de cet évènement très attendu.

Comment s'inscrit-on ?
1)      On a un dossier à présenter à l’avance car tous les candidats ne sont pas acceptés. Pour cette année, les informations sur les éléments à envoyer ont été diffusées le 7 avril. Il fallait fournir une fiche d’inscription classique (nom, coordonnées, nom d’auteur, si on avait déjà publié un roman, et si on avait déjà participé au speed dating des éditeurs…), un pitch du roman à présenter, les 20 premières pages du manuscrit et une courte biographie.
2)      On attend patiemment l’email qui accepte ou non la candidature. A noter que, si on a déjà fait le SD, il y a des chances qu’on ne soit pas retenu une deuxième fois, pour laisser leur chance à d’autres candidats. Raison de plus à mon avis pour venir avec un projet bouclé parce qu’il doit être rageant d’éveiller l’intérêt d’un éditeur pour lui dire « Ben oui, mais là, j’ai encore au moins 6 mois de boulot pour finir mes corrections ». Pour info, j’ai reporté deux années de suite ma participation, en pestant de ne pas être prête, mais je ne le regrette pas.
3)      L’email d’acceptation (wéééé ! championne du monde !!!... oui, bon, ça va…), peut sembler un peu tardif (cette année, on a reçu le ok le 18/05 soit moins de 10 jours avant), donc il faut être patient, et se tenir prêt à être à Epinal pour le vendredi à 17h30, heure du rendez-vous pour le SD qui se tient à 18 h.
4)      L’email d’acceptation fournit une liste d’éditeurs que l’on doit classer par ordre de préférence et renvoyer avant le jour J.

Comment se préparer au mieux ? (dit celle qui n’a fait que le speed dating mais n’a pas pour autant signé de contrat d’édition dans la foulée, soyons bien clair !)
1)      Avoir un manuscrit prêt. On peut accrocher un éditeur sur un pitch, mais vous connaissez l’expression « Battre le fer tant qu’il est chaud » ? Donc, même s’il y a eu des précédents d’auteurs qui ont réussi à placer un roman avant de l’avoir écrit, personnellement je ne m’y risquerais pas, et je vous dis : arrivez avec un projet fini. Ça vous évitera des coups de sang mauvais pour la santé.
2)      Blindez votre pitch !!! Alors c’est quoi un pitch ? Perso, j’applique la méthode du pitch dramatique d’Yves Lavandier, qu’il présente dans son excellent bouquin « Construire un récit », disponible aux éditions le Clown et l’Enfant : Dans telle arène, à la suite de tel incident déclencheur, tel personnage se bat contre tels obstacles pour atteindre tel objectif. Et une fois que vous l’avez écrit, répétez-le comme une litanie, et sortez-le à volonté comme un robot. Si. C’est ce qu’on appelle l’elevator pitch : le pitch que tout scénariste ou auteur américain est capable de sortir immédiatement à l’éditeur coincé avec lui pendant un trajet d’ascenseur. Soyons américain, damn it. (l’elevator pitch, c’est un des trucs que j’ai appris à la master class Davoust/Dunyach, qui était si bien)
3)      Ne vous prenez pas la tête non plus. Parce que les éditeurs sont là pour vous écouter et comprendre votre projet, pas pour vous déstabiliser.

Concrètement, ça se passe comment ?
Nous allons dans le fameux lieu tenu secret. Les auteurs sont rassemblés dans une salle. Les éditeurs sont installés dans de petites pièces (parfois à deux ou trois) et les noms sont appelés par les personnes encadrantes, dont l’une d’entre elles est Silène Edgar. (en plus d’être une romancière de talent, elle est une personne adorable). 
Pendant que les premiers appelés partent pitcher leur roman (chacun individuellement, en tête à tête, ce qui est précieux), les autres patientent en bavardant ou stressent en silence, ça dépend des tempéraments. Pour ma part, je connaissais une partie des participants donc nous avons choisi l’option papotage, qui a fait passer le temps plus vite. Silène nous a aussi briefés sur le côté « non-vital » de ces rendez-vous. « Ce n’est que le premier parmi toute une série que vous aurez dans votre vie d’auteur ». La voix de la sagesse. L’ambiance était détendue malgré quelques déceptions pour des auteurs dont les éditeurs préférés n’avaient pas pu se libérer.

Comptez deux heures pour passer tout le monde au rythme de (normalement) 5 minutes par rendez-vous. Cela va très vite, on n’a pas le temps d’avoir l’air génial ou incompris, juste de noter quoi envoyer où et (important) l’email de la personne qu’on a rencontrée, histoire de lui faire un petit mot personnalisé (« mais siiii, vous ne pouvez pas m’avoir oubliée, voyons, c’est moi qui suis géniale et incomprise… »). Selon les éditeurs, on vous demandera soit les premières pages de votre manuscrit, soit le manuscrit entier, un synopsis, ou pas, c’est très variable. 

Je ne saurais trop vous recommander de vous munir de cet ouvrage : https://tremplinsdelimaginaire.com/site/?page_id=97
Le Grimoire Galactique des Grenouilles est un très sérieux guide des éditeurs de l’imaginaire. Cette édition est parue en 2015 et mon exemplaire est bourré de post-its. Vous y trouverez entre autres  des conseils de présentation de manuscrits que, néanmoins, je vous recommande de revalider sur les sites internet des maisons concernées. Les exigences peuvent varier et les soumissions fermer momentanément : inutile dans ce dernier cas d’envoyer votre bébé. 

Bon, et moi, ça s’est passé comment ?
Plutôt bien, je suis contente. J’étais à l’aise (je suis tranquille à l’oral, en général), et surtout j’ai eu en face de moi des personnes bienveillantes. J’ai vu 4 éditeurs sur les 8 possibles (sachant que pour certains, mon projet ne convenait pas). J’ai eu le plaisir de voir que mon pitch paraissait intéressant. 

On m’a posé deux questions (pas plus, parce que je suis bavarde toute seule ^^)
1)      Quel est le type de la planète où arrivent vos colons ? Donc je suis partie dans les explications de ma naine rouge et de ma planète en orbite synchrone. J’ai eu l’impression d’être convaincante (pour autant que je puisse l’être puisque je ne suis pas non plus astrophysicienne, hein)
2)      Pourquoi un diptyque ? Plus sioux, celle-là. J’ai répondu la vérité, qu’en fait, au début, j’étais partie sur un stand-alone, et puis en écrivant et surtout en trouvant la fin du tome 1, j’ai eu une illumination cosmique, et je me suis dit « Tome 2 ». Cette explication un peu allumée a fait sourire mon interlocuteur, c’est déjà ça !

Au final, les éditeurs que j’ai vus m’ont tous proposé d’envoyer mon texte à leur maison, soit en vue de l’étudier, soit pour me faire un simple retour (dans ce dernier cas, la raison en est qu’il s’agit d’un gros manuscrit et qu’ils n’en publient pas). C’est donc une expérience très positive, dont je suis revenue pleine d’énergie (et ce d’autant plus que les copains m’attendaient à la crêperie, oui, toujours la même, 

et m’ont accueillie avec une ovation digne de la découverte d’une nouvelle voie sur l’Everest !)

Bon, je crois que j’ai fait le tour de la question. On passe au …

Jour 4 : samedi 28 mai : interviews et photos, pique-nique et pitches à la volée

Pour mon fils Max, dont c’était les premières Imaginales, nous avons filmé quelques interviews d’auteurs et autrices et d’un éditeur. L’objectif était de fabriquer une petite vidéo à présenter à sa classe à son retour au collège (une initiative personnelle, le collège n’avait rien demandé de particulier et accepté qu’il s’absente pour venir à Épinal). Toutes les personnes que nous avons sollicitées se sont très gentiment prêté au jeu, donc nous avons mis Aurélie Wellenstein, 

Cassandra O’Donnell, Cindy van Wilder,
 Jean-Sébastien Guillermou, sur le pont de son stand
 Pierre Gévart, John Ethan Py et Paul Béorn dans la boîte. Le résultat, monté par André au retour du salon, était vraiment chouette (quoique j’ai loupé l’enregistrement de Cassandra, mais je me suis souvenue de ses réponses, c’était le principal).
Max a posé les questions suivantes :
1)      Pourquoi écrivez-vous ?
2)      Dans quel genre littéraire et pourquoi ?
3)      Quel est votre préféré parmi vos romans ?
4)      (à l’attention de l’éditeur) En quoi consiste le travail d’éditeur ?
Je pense que je vais faire une petite compilation des réponses dans un billet suivant, car les réponses étaient aussi variées qu’intéressantes. 

Le samedi midi a lieu tous les ans le pique-nique des Imaginales. Ce fut un délicieux moment passé en bord de Moselle, il faisait si beau ! 

 Je ne résiste pas à remettre ici cette image de Jean-Claude Dunyach, en pleine découpe de magret :




Ce fut aussi l’occasion de pitcher entre petits cakes et cannelés, car un éditeur profitait lui aussi du beau temps et écoutait volontiers les auteurs qui souhaitaient lui parler. Nous avons vécu un joli moment de francophonie car se sont retrouvés ensemble auteurs québécois, français, suisse et belges, autour de victuailles et de quelques bouteilles. C’est ça aussi, les Imaginales.
Une image d'un des magic mirrors, un des lieux où se déroulent les tables-rondes : 

Tout ceci mis bout à bout, ajouté à quelques achats et dédicaces de livres a fait s’envoler la journée à toute allure.
Et donc…

Snif ! 

Jour 5 : dimanche 29 mai : un jour écourté pour cause de retour 

Toujours un peu tristounet, le dimanche matin. On sait qu’on va rentrer, que c’est presque fini. Des amis sont déjà partis. On fait les derniers achats, on fait la tournée des bises, une dernière conférence… 
 La fresque terminée : 

Je me rends compte que j’ai très peu suivi les tables rondes cette année, néanmoins, j’ai assisté à celle sur Gulf Stream avec intérêt puisqu’elle expliquait la ligne éditoriale de la collection Electrogène. J’ai compris que mon projet actuel ne leur conviendrait pas. C’est important d’être capable de faire ce tri là, afin de ne pas envoyer à des éditeurs des manuscrits clairement pas faits pour eux. Tout le monde gagne du temps, dans l’affaire.
 
Il est bien assez long, ce billet, et puis, je déteste les adieux.

Donc, à l’an prochain, Épinal !


mercredi 8 juin 2016

Imaginales 2016, l’effet WOW !! (partie 1)



Je suis restée très statique ces derniers mois pour diverses raisons, une des principales était que je travaillais d’arrache-pied sur la dernière version du tome 1 de Colonie(s) et que tout week-end passé ailleurs est un week-end de moins consacré à l’écriture. 

Néanmoins, un évènement me fait quitter mes paysages d’Auvergne tous les ans, sans faute : les Imaginales à Épinal.

L’édition 2016 a été particulièrement intéressante, fructueuse, stimulante et réjouissante pour moi, et du coup, il me faudra bien deux billets pour raconter tout ça.

Voici donc la première partie de ma (presque) semaine passée à Épinal, avec un effet WOW ! indiscutable.
Après une journée passée dans le train, je suis arrivée le mardi 24 mai au soir à Épinal : il faisait tiède et sec, et après un dîner bien mérité dans ma crêperie préférée,

 je suis allée faire un tour à pied vers le parc du Cours. L’ambiance particulière, très « calme avant la tempête », m’a amenée à flâner tranquillement jusqu’à la nuit tombée en contemplant la bulle des sciences, nouvelle venue dans les structures dressées pour le festival, et en m’extasiant du nombre de petits barnums disséminés dans le jardin. 

 
Je suis rentrée à regret, j’aurais bien prolongé cette balade où j’anticipais les moments de rencontres et de retrouvailles à venir. Cependant, deux terrrrribles professeurs m’attendaient le lendemain, et pas question d’arriver avec les yeux au milieu de la tête ! 

Jour 1 : mercredi 25 mai : master-class « professionnaliser son écriture » animée par Jean-Claude DUNYACH et Lionel DAVOUST.

Le programme de la journée était copieux et le contenu très intéressant, bien que certaines notions m’étaient familières. J’en ai tiré plein d’enseignements, en particulier arrêter de me sentir illégitime à me dire « écrivain » ou « autrice » parce que cette activité ne me rapporte pas de quoi vivre. Le message des deux intervenants sur le sujet était très clair : on est écrivain lorsqu’on va au bout d’un projet d’écriture (peu importe qu’il s’agisse d’une nouvelle ou d’un roman) et qu’on met un point final à ses corrections, donc quand on estime qu’il est prêt à partir chez un éditeur. On est écrivain s’il s’agit d’une vraie histoire qu’on peut donner à lire, pas juste d’un recueil d’idées, ou d’un projet dans sa tête. On n’est pas écrivain si on se contente de rêver de l’être. Il faut obtenir un texte, comme dirait Elizabeth George, parce qu’on s’est installé avec discipline à sa table d’écriture pour bosser dessus.

L’expression « la colle au cul » de la même Elizabeth, quoique triviale, dit bien ce qu’elle veut dire. L’écrivain qui arrivera au bout d’un projet d’écriture ne sera pas forcément le plus génial dans son style, ou dans ses idées, mais celui ou celle qui aura la meilleure colle pour le ou la tenir à son siège. Point. L’écriture, c’est d’abord du boulot et ne pas renâcler devant l’obstacle (la scène difficile qu’il faut écrire, la nouvelle passe de corrections, etc.).
Donc, à retenir :
En 1) LA COLLE AUX FESSES.
(ça tombe bien, c’est un peu mon truc, ça)

J’ai retenu aussi la méthode de correction de Lionel et le fait que ces deux auteurs multipubliés font  un tirage papier de leur roman avant de corriger. Je me dis que, dans mon cas, vu le nombre de chapitres que j’ai ajoutés/virés/déplacés/modifiés en profondeur, etc., et le nombre de versions du roman que j’ai faites, avec des yoyos de nombre de ksec effarants, ça m’aurait fait des ramettes de papier à mettre à la benne. J’espère que je serai plus productive pour le tome 2, ou plus exactement que je serai capable de sortir un meilleur premier jet en une fois. Je compte sur l’expérience du premier tome. Donc voici le deuxième enseignement : 

En 2) TIRER UNE VERSION PAPIER POUR TESTER LA METHODE DE CORRECTION DE LIONEL
(elle consiste, pour faire court, à utiliser une signalétique simple pour repérer ce qui est redondant, à déplacer avant, ou après, à supprimer, ce qui s'enchaîne mal, à développer, à vérifier, ce qui est « WTF » aussi (et même KMN, soit, Kill me now...^^), parce que ça arrive, et enfin, ce qui est BIEN, parce que c’est chouette aussi de se dire qu’on n’a pas tout à corriger… La méthode permet de faire toutes ses corrections de fond en une passe, ce qui implique en revanche un bon niveau de concentration tout le long de ce travail. Mais une seule passe ! Le rêve. Arriver à adopter cette méthode sera ma petite révolution perso)

Jean-Claude de son côté nous a rappelé quelques bonnes méthodes de correction, dont le fameux « gueuloir » de Flaubert, qui consiste à lire son texte à haute voix. J’ai déjà essayé, c’est redoutable pour déceler les mots qui accrochent, les redondances, c’est vraiment étonnant d’efficacité (bon, sur 800 ksec, on en a pour un moment, mais il peut être utile de le faire sur des scènes compliquées et bien entendu sur les vingt premières pages et les vingt dernières, celles qui accrocheront le lecteur et celles qui lui laisseront une dernière impression). Il nous a mis aussi en garde contre l’adjectivite, cette maladie de l’écrivain qui alourdit la prose.

Ensuite, Jean-Claude nous a parlé édition, sous, contrats, négociation… une chose en particulier m’a marquée. Le monde de l’édition en France est une affaires de PME, y compris les grandes maisons généralistes (ou celles qu’on appelle ainsi). Alors, il ne faut pas s’étonner s’il y a parfois des loupés, s’il faut relancer pour obtenir des réponses à des questions, car il ne s’agit pas de structures énormes et ils doivent faire avec un personnel pas forcément très nombreux.

En 3) : LA VERTU PRINCIPALE DE L’AUTEUR EST LA PATIENCE.
et en 4) UN EDITEUR EST UN CLIENT, EN AUCUN CAS UN GOUROU... (à encadrer)
Donc non aux relations passionnelles, mais voyons, mon roman est géniâââl, blablabla, on est là pour faire du business une fois le bouquin achevé. C'est comme une boite de petits pois, et il faut faire en sorte que ça se vende. Bah oui, hein, ça tombe bien aussi, j'ai fait des études de marketing dans une vie antérieure, autant que ça me serve.
 
Je suis sortie de cette très intéressante journée avec le moral au beau fixe et des tas de conseils pertinents. Je ne vais pas tout retranscrire parce que je 1) j’ai la flemme, 2) je pense que c’est bien plus fructueux de participer soi-même à une formation que de lire ce que les autres en ont retiré…

Si vous avez envie d’avoir un avant-goût de ce qui se dit lors de ses formations, je vous invite à consulter une partie des supports mis à disposition par les animateurs sur le site de Lionel Davoust : http://lioneldavoust.com/telechargements/aides-a-lecriture/
Cela ne remplace pas la participation à ces ateliers, où on peut poser toutes les questions que l’on souhaite, bien entendu… (mais ces documents m’ont donné envie de m’inscrire dès que mes obligations professionnelles m’en ont laissé la possibilité)

JOUR 2 : Jeudi 26 mai, Repos avant…le speed dating des éditeurs !!! 

Le jeudi fut une journée très ensoleillée et chaude sous la bulle du livre. J'ai assisté à l'inauguration du salon :


 J’ai beaucoup flâné dans le parc, et admiré les stands extérieurs. Regardez comme c'est joli, les bords de la Moselle, par beau temps : 


J’ai aussi bien revu mon pitch avec Jean-Sébastien Guillermou qui attendait l’arrivée de ses livres. Je vous ai déjà dit tout le plaisir que j’ai eu à découvrir les deux premiers tomes de son roman Les pirates de l’Escroc-Griffe. (ICI et LA).   Le tome 3 sort bientôt (nous en aurons aux Aventuriales (blink blink) !) et c’est un JS détendu car entre deux projets qui m’a aidée à me préparer au mieux pour le speed dating des éditeurs du vendredi…

Jeudi en fin d’après midi, mon André Woodcock arrive avec notre plus jeune fils , Max, ainsi que notre passager clandestin préféré Thierry et deux passagères : Axelle Colau, autrice et booktubeuse (Chronobooks, c’est elle, à droite sur la photo !) 

et Chloé Bertrand, autrice de Positive Way chez Milady, une jolie réussite pour une toute jeune écrivaine.

Notre programme du jeudi soir pour André, Max,Thierry et moi est plié depuis longtemps : menu crêpe rapide (mon adresse de crêpes est secrète) et soirée science et SF au planétarium. Il faut une voiture pour y aller, mais autrement c’est le bonheur, cette soirée du jeudi soir. Sylvie Miller l’anime, accompagnée par un astrophysicien du planétarium  (dont je n’ai malheureusement pas le nom) dont les interventions sont passionnantes. Et tous les ans, quelques auteurs de SF se joignent à la discussion, et parmi eux, souvent, un auteur anglo-saxon. Cette fois-ci nous avions Mike Resnick, passionnant lui aussi, Sylvie Lainé dont j’admire la plume de nouvelliste, et Philippe-Aubert Côté, auteur québécois qui m’a intriguée avec la description de son humanité façonnée pour les voyages spatiaux. Le thème de cette année était « Voyages spatiaux, et l’humanité dans tout ça ? », inutile de vous dire comme ça m’a plu ! De plus, il y a une ambiance feutrée et paisible dans ces soirées, qui tient au lieu, à une fréquentation de quelques dizaines d’habitués, au sujet, propice à l’évasion de l’esprit dans les immensités spatiales, et à la personnalité de l’animatrice et son interaction avec l’astrophysicien. Un de mes rendez-vous préférés, donc.

Voici un premier très long billet, je vais en garder pour la deuxième partie de ce retour sur les Imaginales. Je vous raconterai comment se passe le speed dating des éditeurs (je resterai discrète sur mon speed dating perso, mais je vous parlerai de l’ambiance et de ce que l’on peut y trouver), et aussi je vous parlerai du reste des Imaginales, histoire de vous donner envie, qui sait, de rejoindre les fans de ce salon génial l’an prochain ?

Merci de votre lecture ! ;)